Benchetrit à tombeau ouvert

Tennis
Infos pratiques : 
  • 01/11/2017

Engagé cette semaine sur un 15.000$ à Hammamet où il est tête de série n°2, Elliot Benchetrit vient ce matin de franchir le premier tour en s'imposant 6-1 6-1 contre un Belge.

Aux portes du top 400, le jeune Niçois de 19 ans Elliot Benchetrit connaît une très nette progression. Elle était attendue et pourrait se concrétiser en mai Porte d'Auteuil. 

Tête de série n°2 cette semaine sur un énième 15.000$ à Hammamet, le natif de Nice Elliot Benchetrit, ancien n°33 mondial Junior en 2016, tente de poursuivre sa folle ascension chez les grands : il vient de se qualifier pour les huitièmes de finale. Alors qu'il était encore 1088e à l'ATP début mai, il est ce lundi 430e et ce sera encore mieux dans les semaines à venir après une défaite en demi-finale samedi qui n'est pas encore comptabilisée. 

Plus qu'une évolution pour le géant – 193 cm – de 19 ans. Une révolution. Un premier virage a été abordé en mars dernier. Alors que depuis quelques temps il travaillait sur Paris avec Marc Gicquel, il a, par la force des choses, alors que la collaboration se passait plutôt bien, dû rentrer sur sa Côte d'Azur natale puisque l'ancien n°37 mondial manquait de temps pour s'occuper de lui, nous rapporte son entourage. Aujourd'hui, c'est une véritable team qui l'entoure. Jean-Philippe Vaillant pour la partie mentale. Frédéric Décamp pour le physique et enfin Jean-Michel Pequery, de retour aux côtés du Niçois, pour le tennis. Enfin, puisque de part leurs emplois du temps respectifs ce trio ne peut pas suivre le joueur en tournoi, c'est un quatrième homme avec des compétences multiples qui voyage avec lui, faisant ainsi le lien avec le travail de chacun. 

Un quatuor pour entourer le Niçois

Un jeune-homme de 25 ans, lui aussi maralpin d'origine, Paul-Antoine Quilichini, qui se dévoile pour wwww.magsport06.fr. « J'exerce, depuis mes débuts, au sein du Tennis Club Nice Giordan aux Combes, dans un travail de club avec une clientèle de loisir mais aussi quelques projets de formation vers le haut niveau. Je me suis directement orienté vers un métier dans le domaine du sport après mon Bac Scientifique. J’ai suivi un Master en préparation physique entre la Fac de Nice et celle Montpellier. Puis j’ai passé mon D.E de tennis. Enfin, cette année, j'ai complété mes connaissances avec une formation de préparation physique spécifique tennis avec la fédération mais aussi une formation mentale avec Jean Philippe Vaillant et Mental Gagnant. Ainsi je combine le suivi d’Elliot en gardant un pied dans mon club de toujours. »

Quilichini explique ainsi qu'à son retour de Paris, Benchetrit était à la recherche d'une structure familiale. Il s'est proposé. A essayé et ça a fonctionné. « J’ai commencé à faire des séances avec lui. Ça a bien accroché entre nous. C'est, je pense, lié à nos âges assez proches et nos centres d’intérêts. Notre force réside dans le fait qu'on se complète. Il m'a demandé de voyager avec lui et j'ai directement répondu positivement. Il a monté une cellule autour de lui avec des personnes qui le côtoient depuis des années. Notre équipe fonctionne bien. Mon rôle est d'effectuer le relais de tout cela avec Elliot en tournoi. Je suis jeune, je n'ai pas d'idées pré-établies sur le haut niveau. J'apprends dans cette équipe et je progresse tous les jours en même temps qu'Elliot. » 

Et le premier gros coup du jeune français est intervenu début juin. Après quelques points décroché ici et là durant son apprentissage du haut niveau, il a décollé, d'un coup. Tout d’abord une qualification pour le tableau du Challenger d'Aix avec notamment une victoire en deux sets sur Jonathan Eysseric. Puis une première finale à Hammamet au tout début de l'été. Suivra des demi-finales, des titres, en simple et en double et d'autres bons parcours. Le classement explose, comme évoqué ci-dessus et pour cause, il n'a rien à défendre, ou si peu. « Avant sa première finale, on s'était fixé des objectifs de niveau de jeu. Le classement ne nous intéressait peu. Il avait déjà fait de très bons matchs avant cette finale puis, après celle-ci, on a commencé à projeter un objectif de classement, être proche du top 500 à la fin de l’année 2017. »

Un peu plus tard, certaines semaines lui ont permis de réaliser de très importants blocs de travail. Notamment lors de la première quinzaine de septembre où il a joué un total de dix-huit matchs – pour un seule défaite – double et simple confondu. « De très grosses semaines oui. Le double est très formateur. Lorsque l'on trouve un bon partenaire, il s'inscrit pour continuer à travailler certains objectifs et puis cela fait du bien de gagner des matchs. En tournoi on a nos routines de prévention physique mais surtout de récupération. » Le classement n'était qu'un bonus. L'important étant le projet de jeu et ses à côtés. « Son classement a évolué assez vite, on ne le regarde pas trop, seulement pour s'inscrire aux tournois en fonction des listes. Notre objectif étant atteint (Top 500 ; ndlr), il veut continuer à engranger des points et des places. Mais l'essentiel reste son niveau de jeu. Avec quelques objectifs précis et un travail commun, ce n’est pas une surprise qu'Elliot enchaîne déjà des performances sur le circuit senior. » 

Roland Garros dès mai 2018 ?

Et il se pourrait bien que la marche plus haute arrive – plus régulièrement – dans très peu de temps, dès début 2018 sans doute s'il continue de grimper dans les semaines à venir : le circuit Challenger. « Il est prêt ! Il en a envie. Cependant il lui faut encore quelques points et quelques places à grappiller pour être certain de disputer les qualifications dans de bonnes conditions - être tête de série - voir même rentrer dans des tableaux directement. L'objectif de notre programmation est d’alterner les Futures pendant deux ou trois semaines puis de faire un Challenger pour être aussi en contact avec ce type de compétition. » Comme se fût le cas depuis le mois de mai à Aix-en-Provence, Bordeaux, Lyon, Poznan et plus récemment à Rome. 

Et à ce rythme là, car rappelons le, il n'aura quasiment rien à défendre avant la mi-juin 2018, Benchetrit ne lorgne t-il pas sur Roland Garros ? Réponse de Quilichini. « Oui ! Mais comme je l'ai dis plus haut, notre objectif restera d’augmenter son niveau de jeu. Le classement suivra en conséquence. Après le tournoi de cette semaine, il lui en restera deux ou trois sur terre battue. Ajoutez à cela une séquence de préparation foncière et les matchs par équipe avec son club du Nice LTC. Une fin de saison chargée en perspective. » 

Tout est donc mis en place pour que le talent du Niçois puisse s'exprimer au plus haut niveau. Des courts du Nice LTC, aux Combes, en passant par le Country Club Aixois à l'occasion des regroupements des Ligues Côte d'Azur et de Provence, il a le loisir de s'exprimer sur tout type d'environnement toujours parfaitement encadré. Tête de série n°2 et engagé avec un compatriote français en double cette semaine, Elliot Benchetrit pourrait encore aligner les succès. Un premier tour sans embuche est déjà arrivé ce mercredi matin. La suite ce soir en double...

Paul-Antoine Quilichini

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